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Article 8 - Le coût d’intégration des fonctionnaires européens : qui paie l’addition ? Par Marie-Aude Calvagna

Bruxelles, doit-elle financer des projets pour intégrer des fonctionnaires européens dont certains sont surpayés ? La question est provocatrice et attend votre réponse. Le but : ouvrir le débat.

Sur le million d’habitants que compte Bruxelles, entre 100 et 120.000 personnes sont liées de près ou de loin à l’Union européenne. Il s’agit là de toute une communauté qu’on ne peut pas négliger.

Et la Région bruxelloise s’en est rendu compte. En 1991, elle crée le Bureau de Liaison Bruxelles-Europe (BLBE) dont le rôle est double : « D'une part, promouvoir l'image de Bruxelles comme capitale européenne et siège des principales institutions européennes, d'autre part, sensibiliser l'habitant à la vocation européenne de sa Région. » Dans les faits, cela se traduit par une assistance gratuite pour les expatriés, de multiples activités et projets visant le contact avec la population bruxelloise, ainsi qu’une formation destinée aux administrations bruxelloises.

Un investissement de la Région bruxelloise, qui n’est pas la seule à avoir ouvert les cordons de la bourse. Preuve en est que de 2007 à 2011, la Fondation Roi Baudouin a lancé quatre appels à projets, appelé « breXpat » (contraction des mots « bruxellois » et « expatrié »).  Au final, ce sont des dizaines de projets retenus par un jury indépendant qui ont reçu un coup de pouce financier de cette organisation philanthropique. Certains ont touché jusqu’à 5.000 €.

Elle présente l’appel comme ceci : « En raison du milieu socioéconomique généralement privilégié des « expatriés européens », la ségrégation de ce groupe n’est pas souvent abordée alors qu’il existe un important potentiel d’interactions enrichissantes entre ce groupe et les autres habitants de Bruxelles. »

Les faits sont là : malgré la création de la BLBE, l’intégration des eurocrates n’est pas encore complète.

Mais qui devrait alors continuer à mettre la main au portefeuille pour améliorer la situation ? Encore la Région bruxelloise ? Les communes ? Les associations locales ? Et faut-il continuer à financer des projets d’intégration pour une communauté dite favorisée ?

Certains seraient tentés de répondre non, car ils ne paient pas d’impôts. Cette croyance n’est pas tout à fait vraie. Les 30.000 fonctionnaires européens sont assujettis à un impôt, dit "communautaire" et paient diverses cotisations. Cependant, ces revenus (hors impôt foncier et taxe régionale pour les résidents) ne sont perçus ni par l’Etat belge, ni par la Région de Bruxelles-Capitale, ni par les communes. Ils tombent plutôt dans l’escarcelle de l’Union européenne.

On pourrait alors se demander si ce n’est pas à cette dernière à payer le coût d’intégration de leur fonctionnaire, et par la même occasion à fédérer les différents acteurs de terrain.

Le débat se fait aussi sur Twitter avec @MACalvagna

Lien : le guide de survie du fonctionnaire européen édité par le BLBE en trois langues : http://bit.ly/19BsIv7