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MIXCITY 2013 - Bruxelles Récupération

Article 4 - "La foire aux savoir-faire" par Marie-Aude Calvagna - 16/08/2013

Une belle bande de "foireux"

A la foire aux savoir-faire, il n’est pas question de vendre ou d’acheter, mais plutôt d’apprendre et de partager. C’est toute la philosophie du projet qui s’égrène à chaque atelier : penser une nouvelle manière de vivre en favorisant les rencontres et sa créativité.

Et si ça vous tente, sachez que chacun peut devenir un « Foireux ». Mais késako ?  

Damien Lesca, le coordinateur de l’asbl, explique que « la foire aux savoir-faire organise chaque mercredi soir, en alternance, des ateliers coutures et retouches, ainsi que d’autres axés sur le bricolage et la récupération. » Cet été, la couture a été mise de côté. Plusieurs projets sont aux programmes, comme, notamment, une éolienne réalisée à partir de ventilateur d’ordinateur.

Mais la récup’ à quoi ça sert ? « Le but est de montrer un savoir-faire, de mettre à disposition un lieu et des ressources plutôt que d’acheter. On utilise exclusivement des objets de seconde main. On collabore également avec l’Armée du salut : ce qui n’est pas vendu là-bas est utilisé lors des ateliers », poursuit Damien. « Il y a aussi des échanges d’idées et de bons-plans entre les foireux ».

Un foireux, c’est quiconque participe à la foire aux savoir-faire. « Ce sont des personnes du quartier. Il y a beaucoup d’habitués et certains viennent pour un atelier en particulier. On reçoit des jeunes et des pensionnés. Les familles viennent plutôt le samedi matin pour l’atelier cuisine. Il nous est arrivé aussi de travailler avec des écoles. »

En effet, l’asbl ne se limite pas qu’aux ateliers du mercredi. Une grande foire annuelle est organisée en juin, et au fil du temps, l’idée est venue de répéter l’expérience pour Noël. Les foireux sont aussi présents lors d’autres évènements comme le festival Esperanzah ou les fêtes de la soupe.

Un autre mode de vie

On pourrait se dire que la foire aux savoir-faire n’est finalement qu’une initiative de plus pour récupérer des objets. En vogue depuis les années 90, le « vintage » fait de nombreux adeptes. Il s’agit d’acheter de vieux modèles un peu rétro, généralement, de vêtements, sur des marchés ou dans des boutiques spécialisées. 

Damien fait une distinction : « le vintage nourrit des idées pour nos ateliers. C’est une forme de récupération. Mais la différence avec la foire aux savoir-faire est qu’ici on n’a pas besoin d’acheter pour créer. Dans notre société, la valeur donnée à un objet dépend de son prix d’achat. La représentation de soi joue un rôle dans tout ça. On dirait que l’Homme n’a pas confiance en sa capacité à faire du mieux. »  

L’Homme est donc à la fois le problème et la solution. Face à l’acte d’achat, les foireux ressemblent aux irréductibles gaulois dont la potion magique est faite de bric, de broc et d’une bonne dose de remise en question.

Les ateliers de la Foire aux savoir-faire

Couture/Récupération : Rue du trône 95 à Ixelles, les mercredis de 18 à 21h

Cuisine : La ferme du parc Maximilien, Quai du Batelage à 1000 Bruxelles, les samedis matin.