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MiXCITY 2013 - Bruxelles folle de ses gays - Mythe ou réalité ?

Article 11 - Bruxelles « Gay Friendly » inspire les institutions européennes par Cédric Blanckaert.

Il y a tout juste 20 ans, une association était créée afin de faire respecter les droits de la communauté homosexuelle qui travaille dans les institutions. De quoi renforcer le côté « gay friendly » de Bruxelles.

Bruxelles a la réputation d'être une capitale « gay friendly ». Même si tout n'est pas parfait, on peut considérer que la capitale fait partie des villes où l'homosexualité peut se vivre en toute liberté. Certes, il y a bien parfois des agressions plus ou moins violentes, mais cela n'est pas la norme et ne reflète en aucun cas une homophobie généralisée. L'arsenal législatif belge a d'ailleurs été récemment renforcé afin de punir de manière plus sévère la criminalité liée à une orientation sexuelle.

Un combat au cœur des instances européennes

Si cette réalité existe aujourd'hui, c'est qu'au fil des années diverses associations ont œuvré pour faire évoluer les mentalités. Un combat mené à Bruxelles jusqu'au cœur des institutions européennes au sein desquelles EGALITE ( Égalité pour les GAis et Lesbiennes dans les Institutions Européennes - Equality for Gays And Lesbians In The European institutions) a été créée en 1993. Un groupement qui porte bien son nom et qui depuis vingt ans tente de lutter contre toute forme de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle. Un travail de lobbyiste qui commence d'abord sur le lieu de travail  pour assurer, au sein des organes des institutions, un traitement non discriminatoire pour les couples de même sexe. Avec à la clé des victoires bien plus que symboliques comme le fait d'avoir réussi à convaincre les autorités européennes de reconnaître les partenariats et mariages homosexuels. Ce qui a permis d'assurer les mêmes avantages sociaux aux couples homosexuels.

Loin de se cantonner à son microcosme, EGALITE milite également pour les droits des gays et les lesbiennes en Europe et intervient au niveau législatif. Ce qui a permis d'inclure un article sur la non-discrimination dans le traité d'Amsterdam. Le politique en matière de dépistage VIH est également un des points d'attention particulièrement suivi par les membre d'EGALITE.

Le travail du groupement consiste aussi à mettre les personnes en contact par le biais de dîner par exemple, comme celui qui se déroulera le 11 septembre prochain dans un restaurant typique de Strasbourg. Des membres qui sont tenus informés des dernières actualités LGBT internationales au travers d'un blog (www.egalite-online.eu).

On s'aperçoit donc que la politique « gay friendly » de Bruxelles se diffuse jusque dans les arcanes du Caprice Des Dieux. De quoi faire résonner bien au-delà des frontières, des droits qui sont aujourd'hui une évidence pour les Bruxellois.

A découvrir dans un prochain article, l'interview du secrétaire d'EGALITE.

 


MiXCITY 2013 - Bruxelles gayfriendly ?

Article 2 - Pas pour la minorité black. Par Cédric Blanckaert - 14/08/2013

On parle de minorité homosexuelle. On parle de minorité africaine. Quand on cumule les deux, l’addition est sans appel. Rencontre avec un géographe qui a étudié le phénomène.

Bruxelles, ville gayfriendly. C’est en tout cas la vision qu’on a généralement de la capitale. Un quartier gay, des associations, une pride et même un parcours touristique et hôtelier organisé autour du drapeau arc-en-ciel. Quand on interroge les acteurs de terrain, cette vision est confirmée. Bruxelles est loin d’être l’enfer pour les homosexuels au sens large du terme. Pourtant, les événements du week-end dernier lors du Brussels Summer Festival et l’agression dont aurait fait l’objet un couple gay par les forces de polices bruxelloises donne un point de vue contrasté et sans mauvais jeux de mots, tout n’est pas si rose.

Minorité victime d’une autre minorité

C’est également le constat posé par Koessan Gabiam. Ce géographe de formation a étudié la minorité homosexuelle d’origine africaine à Bruxelles. Par le biais d’internet, de chambres de discussions et d’enquête sur le terrain, il a pu cartographier cette communauté et dresser un bilan de la possibilité de vivre son homosexualité au quotidien quand on est issu d’une minorité. Une minorité dans la minorité victime le plus souvent d’une autre minorité. "En-dehors des deux rues du quartier gay, c’est parfois compliqué. J’ai reçu divers témoignages d’hommes qui s’embrassent place Anneessens ou au Mont des Arts et qui sont les victimes d’agressions verbales ou physiques de la part de membres d'autres communautés étrangères". Pour ne pas envenimer les choses, la plupart font demi-tour ou évite toute démonstration amoureuse. Certes, il ne faut pas généraliser mais on peut s’interroger sur ces réprimandes plus ou moins violentes d’une minorité envers une autre. Avec pour conséquence, un internet qui devient le moyen de rencontre par excellence pour la minorité black bi-gay. Ce qui minimise les risques d’agressions homophobes et permet aussi un certain anonymat. Autre exemple frappant, celui de ce réfugié sexuel Camerounais qui pensait pouvoir vivre sa sexualité en toute liberté à Bruxelles. Même si la situation dans son pays d’origine n’est pas comparable, il est loin du paradis qu’il avait imaginé. « Il y a aussi un problème de réputation. Les black gays sont assimilés à des relations intéressées, à des personnes peu fiables. » (extraits et commentaires sur l’étude ici )

Homo-négativité

Autre phénomène pointé par l’auteur, ce qu’il appelle l’homo-négativité. « Une étude menée en Norvège a démontré que la tolérance envers les homosexuels, c’est ce qu’on veut bien donner à une minorité en tant que majoritaire. » Dès lors, la minorité reste ne marge de la norme. « Quand on interroge les élèves suédois, il estime qu’il n’y a pas de futur si on est homo. Il n’y a donc pas d’intégration sociétale. On a voté une loi au nom de la tolérance mais pas de l’égalité. »
Chez nous, on ne peut nier les avancées significatives quand à l’acceptation des différentes orientations sexuelles. Bruxelles, en tant que capitale européenne moderne est à la pointe. Et pourtant, on parle encore de ce fameux coming-out. Doit-on déclarer ouvertement que l’on est hétéro ? La sexualité entre adultes consentants n’est-elle pas le jardin secret de tout un chacun ? Concept marketing pour certain, revendication nécessaire pour d’autres, l’homosexualité se vit avant tout, ou plutôt tente de se vivre. Un jour peut-être, elle deviendra banale. C’est à ce moment-là qu’on pourra dire vraiment qu’elle est acceptée.