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MIXCITY 2013 - Sous la jupe des Bruxelloises : string ou caleçon ?

"Je suis pour l'égalité de l'homme et de la femme, mais tout en restant femme"

Quand je m'approche de cette femme qui vend des fruits, je sens que je suis à deux pas d’en tenir une. Ce qu’on appelle une « femme émancipée »… "A vingt ans, on est au top. A quarante ans, ça commence à descendre et un mec est toujours prêt à vous échanger contre deux de vingt, c'est comme ça", me lance Christiane. Une rencontre-vérité "sous les jupes" des Bruxelloises agrémentée d’une salade de fruits. A déguster sans modération !

A Bruxelles, on en voit des femmes! On voit des grandes, des petites, des grosses, des minces, des maigres. On voit des rousses, des brunes, des blondes. Il y a aussi des folles, des sages et des … "qui ont passé la barre des quarante ans". Christiane fait partie de celles-là.

Quand je lui dis que je cherche une femme émancipée à Bruxelles, elle me répond d'une voix rauque et essuyée par la cigarette: "Houla, vous êtes tombé sur la bonne personne, je crois, parce que plus émancipée que moi, ça va être dur". En effet, la belle marchande de fruits n'a pas l'air soumise pour un sou.
Elle a nommé ses deux filles Fauve et Féline, mais pour ce que j'en ai constaté, c'est elle qui tient le plus de la panthère. "Je suis pour l'égalité de l'homme et de la femme, mais tout en restant femme" souligne-t-elle en clignant des yeux et en avançant son épaule vers moi de façon fort subtile. "Les jeunes femmes doivent compter sur elles-mêmes". "Par les temps qui courent, elles doivent tout faire pour n'avoir besoin de personne, c'est plus safe" rétorque-t-elle alors que je lui demande quelques conseils.

Christiane ne semble avoir aucune illusion. Pourtant, si son discours paraît dur, cela ne reflète pas la vie qu'elle a. Facilités à l'étranger, liberté au travail comme à la maison, un mari plus jeune qu'elle de dix ans,  cette femme continue de compter sur les hommes même si elle n’a plus rien à leur devoir. Au moins pour faire la comptabilité de son entreprise et pour ranger sa charrette -trop lourde pour elle seule.

D’un seul coup, j’ai l’impression d’avoir trouvé un bel exemple vivant illustrant la thématique de l’égalité entre hommes et femmes très en vogue pour le moment.Moi qui suis peu sensible au sujet d’actualité mais qui aime réfléchir, je ne peux m’empêcher de me demander si l’égalité entre les genres pourrait se traduire spontanément et simplement par un échange de bons procédés dépourvus de connotations ?

A méditer donc…

Et quand la marchande conclut, elle le fait avec générosité: " Tiens, je vais te faire un panier de fruits avec des cerises, des pêches et des raisins pour la semaine". Merci Christiane et longue vie aux femmes émancipées qui apprécient la compagnie des hommes libérés !


MIXCITY 2013 - Eldorado EU

Article 3 - "Dans l’ombre des Eurodéputés" par Tim Kaiss - 15/08/2013

Andrea est belge. Stagiaire au Parlement européen, les contribuables (vous et moi) des vingt-huit état-membres de l’Union lui versent ensemble un salaire de 1500 euros net par mois. C’est ainsi du moins qu’Andrea considère que son salaire lui parvient. On est loin de l’Eldorado qu’imaginent les Bruxellois.

Pour l’Europe, la petite femme de vingt-huit ans et d’un mètre soixante-cinq travaille, travaille et travaille encore. Et quelle passion dans ses yeux ! Etudiante de Paul Magnette (Président du PS) en « Etudes Européennes » à l’ULB ,  associée à une mission pour Céline Frémault (Ministre bruxelloise de l’économie - CdH) dans le cadre de la lutte contre l’exploitation des femmes en Europe, engagée volontairepour diverses ONG européennes (Cat Onlus, Médecins pour les Droits de l’Homme,…) , Andrea s’inquiète sérieusement de la suite de la construction européenne car elle le dit elle-même,  « Ça manque de transparence, d’ouverture et de participation des citoyens européens ».

L’Europe cette patate chaude

Andrea ne fait pas la morale, elle n’oserait la faire à personne. Modeste, elle travaille dur et dans l’ombre. Elle préfère qu’on ne sache pas qui elle est parce qu’au-dessus d’elle semble flotter une épaisse couche de nuages qu’elle appelle elle-même « ça»… L’Europe en définitive.

« L’Europe, c’est comme une patate chaude », me dit-elle. On se la refile quand ça ne va pas. On préfère en parler mal plutôt que de s’y intéresser et d’en améliorer le fonctionnement. Quand Andrea  dit que ça «manque de participation », je traduis le fond de sa pensée ainsi. Ca manque de mobilisation !

L’année prochaine, en 2014, nous serons censés voter pour élire les nouveaux eurodéputés du Parlement. Alors, qu’avez-vous pensé du mandat presque terminé des eurodéputés actuels, vous ont-ils convaincus ou vous en êtes-vous désintéressés –comme d’habitude- parce qu’après tout, on y comprend rien à ce brol européen?

Si vous avez répondu positivement à la seconde proposition, j’en suis fort marri, mais on peut toujours y remédiez, vous verrez qu’avec un peu de temps et de courage, nous pouvons la bâtir cette Europe.