BLOG

MIXCITY 2013 - Bruxelles "The place to be"

Article 13 - Portrait : un eurocrate à Bruxelles par Amal Azaitraoui

Portrait : Ambroise Perrin

Conseiller politique au Parlement européen, éditeur, ancien journaliste, Ambroise Perrin collectionne les casquettes. Aujourd'hui, ce Français partage sa vie entre la Belgique et la France. Il raconte sa nostalgie des années post 68,  sa vie à Bruxelles et sa foi en l'Europe.

Quand il entre dans le café archiplein de la place du Luxembourg, il a l'allure type des fonctionnaires des institutions européennes, porte le classique bleu de travail cravaté des eurocrates, mais arbore le sourire espiègle des éternels trublions.

Dès les premières minutes, Ambroise Perrin relève l'usage du mot "eurocrate", qu'il juge péjoratif. Mais il se laisse rapidement convaincre que le terme est devenu courant, qu'il désigne tout simplement les fonctionnaires des institutions européennes. Comme lui.

Si Ambroise Perrin n'a pas commencé sa carrière dans l'arène politique, il n'en a jamais été loin. Après des études en ethnologie et en journalisme (en France) il a travaillé d'abord pour la presse locale et nationale puis comme pigiste à France 3. Nostalgique, il se souvient de cette époque, "post 68", précise-t-il. "Je travaillais seul, je filmais mes images moi-même, même si cela allait à l'encontre de toutes les revendications syndicales de l'époque". Sans le savoir, il a anticipé ce qui allait se produire dans la profession des décennies plus tard, puisqu'ajourd'hui, les journalistes sont priés d'être polyvalents et d'assurer un maximum de tâches seuls. Il raconte avec détails un événement marquant dans sa carrière de journaliste : la chute du mur de Berlin, qu'il a couvert, presque par hasard, sans savoir qu'il vivait un moment historique qui allait façonner le monde occidental.

Ce qui lui manque le plus de l'époque de ses débuts ? "La liberté, l'ouverture d'esprit. Aujourd'hui, tout le monde est méfiant, sur la défensive",

En 1991, il arrive au Parlement européen, intègre le parti pour lequel il travaille toujours aujourd'hui.

Depuis, il a écrit, notamment pour le théâtre, monté une maison d'édition. Il vit  à Bruxelles mais passe beaucoup de temps à Strasbourg et Wissembourg (en Aslace, tout près de la frontière allemande). Tout comme la majorité des eurocrates, dont on dit souvent qu'ils ont les pieds dans la capitale mais la tête et le coeur dans leur pays d'origine. "C'est difficile pour une personne de plus de trente ans, qui vient d'arriver, d'établir de véritables liens à Bruxelles. Ces personnes sont tellement enracinées ailleurs, elles sont venues pour travailler, leur famille, leurs amis sont dans leur pays d'origine", explique-t-il. "En plus, dès qu'ils ont quelques jours de congé, ou même pendant les weekends, ils repartent, les vols low-cost ont facilité cela". Il estime d'ailleurs que les "autorités bruxelloises [qui] devraient faire quelque chose pour rassembler eurocrates et Bruxellois."

Pourquoi ce morcellement ? Est-ce du à la barrière de la langue ? "Non", répond-il. Peut-être le salaire (sujet "pas tabou") des eurocrates, largement supérieur à celui des Belges ? " Même s'il faut reconnaîitre qu'on est bien payés, ce sont les salaires des Bruxellois qui sont trop bas ", tranche-t-il.

Et l'Union, a-t-elle changé, depuis ses débuts ? " Avant, c'était les éléphants qui venaient travailler dans les institutions européennes, pour apporter leur sagesse et leur expérience. Aujourd'hui, chacun vient pour emmener une part du gâteau chez luiDes réflexes nationalistes ont émergé avec l'élargissement de l'Union ". Les institutions européennes ne sont plus la consécration, l'apothéose, mais plutôt un tremplin, qui permet souvent à des jeunes - "hyper spécialisés" mais pas toujours engagés - de venir y faire leurs armes et d'enrichir leur carnet d'adresses avant de rentrer dans leur pays. " L'organisation du travail est devenue trop bureaucratique. Auparavant, lorsqu'on intégrait un pari politique, c'était par conviction. Il était inconcevable de passer à un autre, chose qui se fait plus fréquemment aujourd'hui ", souligne-t-il.

Mais à défaut d'être le home sweet home des eurocrates, Bruxelles n'en demeure pas moins le berceau de l'Union européenne, où " il n'y a pas eu de guerre depuis plus de 50 ans. Avant l'Union, tous les vingt ans, au moins deux pays se tapaient dessus ". Et c'est "une chance", dit-il, pour la ville des choux et du chocolat car " c'est ici que se fait l'Histoire. Des décisions capitales se prennent ici chaque jour ".

Ce qui ne l'empêche pas de trouver des "non-sens [à] Bruxelles" : circulation, transport en commun, législation, tout y passe. Mi-ironique, mi-sérieux, Ambroise Perrin parle même d'un "racisme anti-eurocrates" qui serait instauré dans la capitale.

Mais qu'est-ce qu'il aime, alors, à Bruxelles ? Après un temps de réflexion, il lâche, sourire en coin : " le côté décontracté et les frites de la place Jourdan ".

Photo (c) 2011 - extraite du blog personnel de Ambroise Perrin. 

 


MIXCITY 2013 - Bruxelles Récupération

Article 12 - Tri sélectif : bientôt des sacs bruns pour Bruxelles par Marie-Aude Calvagna

Si vous habitez dans les communes d’Etterbeek et d’Evere, vous avez peut-être lu un petit dépliant sur le projet-test initié par Bruxelles-Propreté. Le but ? Collecter les déchets organiques. Et ça concerne tous les bruxellois car la collecte pourrait s’élargir à tout Bruxelles.

Les déchets organiques (restes de repas, emballages biodégradables, épluchures…) pèsent en moyenne la moitié du poids de nos sacs poubelles blancs. Pourtant, ils peuvent facilement être valorisés. Chaque habitant, école ou travailleur dans l’horeca d’Etterbeek ou d’Evere ( http://www.be-organic.be/ ) peut s’inscrire à ce projet-pilote. Durant un an, ils recevront des sacs bruns pour y déposer leurs restes de nourriture. Et en guise de carotte au bout du bâton, un rouleau de sacs bleus et un autre de sacs jaunes leur seront donnés. Les déchets organiques, ainsi collectés, seront ramassés à des dates précises selon les quartiers, à la manière des autres déchets déjà triés. 

Ce lancement vise un objectif bien précis. En effet, l’Union européenne impose à ses états-membres de diminuer la quantité de leur déchet de 50% d’ici 2020. Ce tri supplémentaire permettra donc à la Belgique de remplir plus facilement son cahier de charges. Le projet a également un deuxième avantage. En attendant que la collecte ne s’étende à tout Bruxelles et que le marché public soit clôturé, les déchets organiques finiront dans un centre de biométhanisation en dehors de la région de Bruxelles-Capitale.

La biométhanisation est le processus par lequel des micro-organismes dégradent les déchets organiques dans un milieu sans oxygène (anaérobie), tout en produisant du biogaz. Ce dernier une fois obtenu permet de créer de l’énergie pour produire de l’électricité et de la chaleur. Les restes non dégradés finiront dans un composte. Ce tri sélectif supplémentaire est donc un complément aux compostes déjà existants. Si certains en possèdent un, il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. Bruxelles-Propreté leur conseille de n’y déposer que les déchets se dégradant rapidement et de laisser les autres déchets organiques pour la nouvelle poubelle brune.

On pourrait se demander s’il n’était pas plutôt nécessaire d’inciter les habitants à avoir un recours automatique au composte, que ce soit un composte familial ou en commun (pour tout un quartier, ou tout un immeuble). Car même si la collecte uniformisée présente certains avantages, il demeure que l’usage de sacs plastiques supplémentaires est nécessaire. Est-ce un mal pour un bien ?

On en parle sur Twitter @MACalvagna